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Origine du nom cerf-volant

Selon l’académie française le mot « cerf-volant » viendrait de serp-volante, serp étant un mot féminin en ancien français pour désigner un serpent.

Le mot serp est d’origine mĂ©ridionale. En effet en occitan, cerf-volant se disait sèrp-volaira et dĂ©signait bien un serpent-volant. Dans le Dictionnaire languedocien-françois de Pierre Augustin Boissier de Sauvages celui-ci donne mĂŞme deux variantes ser ou serp pour dĂ©signer le serpent.

Chez les bretons il Ă©tait appelĂ© (sarpant-nij), en wallon (dragon) mais aussi dans la plupart des langues d’Europe, on retrouve la mĂŞme appellation pour le cerf-volant : « dragon » ou « serpent volant ».

Cette appellation peut Ă©voquer les textes et lĂ©gendes mentionnant des serpents ailĂ©s et des dragons volants. On la retrouve dans la Bible, dans diffĂ©rentes civilisations et dans des lĂ©gendes en France jusqu’au XVIIIe siècle. Elle se rapporte surtout très directement Ă  la forme des premiers cerfs-volants introduits ou reprĂ©sentĂ©s en Europe : avec leurs tĂŞtes fĂ©roces et leurs longues queues ils figuraient effectivement des dragons ou serpents volants.

François de Belleforest fit une description amusante d’un Ă©trange dragon qui survola Paris le 17 fĂ©vrier 1579 :

« Il estait de merveilleuse grandeur ayan, environ dix brasses de longueur avec quelques pieds et une grosse teste, ou deux, car lorsqu’il se retournait, ce qui estoit souvent, il paraissoit avoir deux testes, ayant une queue fort longue laquelle ondoyoit au vent les ailes ayant fort grandes et membraneuses . Mon opinion n’est autre, sinon que sa peau est partie de la boutique d’un marchend de soye (qui est un lĂ©ger taffetas) et puis, par quelque bon rieur, artificiellement accommodĂ©e en forme de dragon (chose toutefois qui ne se devroit tollĂ©rer) et portĂ© au haut de quelque tour, puis envoyĂ© au vent estant tousjours tenu d’un petit cordeau par l’artisan ou maistre de telle sottise, est faite pour aguerrir un simple peuple qui ne faut Ă  dire que c’est un dragon comme je l’ai ouy de plusieurs : et perce, j’ai voulu escrire ce petit discours pour les en oster d’avoir. »

Belle-Forest décrit là un cerf-volant de tissu en forme de dragon ailé, et on notera la mention de cette « queue fort longue ondoyant au vent », qui nous renvoie encore au serpent volant.

Le mot serp ayant disparu de la langue française, il a Ă©tĂ© alors transcrit phonĂ©tiquement, mais de façon erronĂ©e, dans « cerf-volant », les mots sèrp et cerf se prononçant de la mĂŞme façon. Cette transcription n’a pas de rapport avec le cerf, le mammifère, mĂŞme s’il avait une symbolique très forte au Moyen Ă‚ge (et a Ă©tĂ© parfois mĂŞme reprĂ©sentĂ© ailĂ©, Ă  la manière d’un PĂ©gase. Elle proviendrait par contre d’un rapprochement avec le nom commun du lucane (insecte colĂ©optère) appelĂ© « cerf-volant » du fait que les grandes mandibules du mâle ont une forme qui ressemble Ă  celle des bois d’un cerf. Quelques dictionnaires Ă©tymologiques anciens ont pu ainsi attribuer par erreur l’origine du nom du jouet cerf-volant Ă  cet insecte.